Centre Culturel Angevin d'Espéranto / Anĝeva Esperanto-Asocio

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Le 30 mars

(traduit par Manjo Clopeau, transmis par Simone Armand)


Le 30 mars

Le printemps vient de la même façon pour tout le monde. Gardons espoir !

Aujourd’hui je suis allé à Tokyo, à 100 kilomètres de ma ville. En revenant chez moi à bicyclette (de la gare sans doute), j’ai fait une chute et me suis un peu blessé aux mains. Moi aussi je suis devenu victime de cette catastrophe, car par manque d’électricité, la route était trop obscure et je ne pouvais pas bien voir. Par chance je ne suis pas mort, ne me suis même pas blessé sérieusement. J’ai pris conscience que partout le mal est en embuscade. Je dois remercier Dieu que je puisse jouir de la vie quotidienne sans problème.

Tous les réacteurs de Hukuŝima seront mis hors-service Aujourd’hui le président de la compagnie électrique de Tokyo a dit que les réacteurs n°1, 2, 3 et 4 seront mis hors-service parce qu’ils sont trop endommagés et que le plus important maintenant est de les neutraliser. Et plus tard le gouvernement a dit que les réacteurs n°5 et 6 seront aussi fermés. Les 4 réacteurs sont encore dans un état critique. À ma connaissance c’est la première fois au Japon que l’on ferme une centrale électrique.

Une vie difficile
Dans la province de Hukuŝima, à cause de l’accident de la centrale 8 villes ont déjà déménagé leurs services dans une autre ville. Hier ont eu lieu des réunions des responsables de ces villes et ils ont demandé l’aide des villes concernées et du gouvernement pour des embauches, pour l’éducation et autre.
À cause de la catastrophe 800 mille personnes ont perdu leur travail. Beaucoup d’étudiants de fin d’étude en lycée ou à l’université ont perdu leur promesse d’embauche pour avril.

La fête du prunus du Japon
On a décidé de maintenir la fête du prunus dans la ville de Hirosaki, située à la pointe de l’île Honŝuu. En décembre dernier Le Ŝinkansen (ligne de train la flèche) a rallongé sa ligne jusqu’à la ville de Aomori et on attendait beaucoup de touristes de Tokyo et d’autres provinces. Mais cette ligne traverse les provinces sinistrées et ne fonctionne plus. Dans beaucoup d’endroits ces fêtes ont été annulées, mais la ville de Hirosaki a décidé de la maintenir, avec le but d’encourager les sinistrés par des dons d’argent et des services de bus. Le prunus du Japon est le coeur spirituel des japonais, c’est pourquoi j’approuve cette décision. Nous ne devons pas trébucher mais avancer courageusement !

Un arbre de ume en fleur est sorti des ruines. Une femme a regardé joyeusement les fleurs blanches. Dans cette froide région le printemps est enfin arrivé.

Pourquoi le tsunami a provoqué tant de morts ?
Pendant le tsunami beaucoup sont morts noyés dans les flots. Je me suis demandé pourquoi ils n’avaient pas pu fuir avant l’arrivée du tsunami, alors qu’ils sont suffisamment informés sur sa possible attaque. Aujourd’hui une chaîne de télévision a traité cette question : Ce tremblement de terre s’est produit à 14h46. Le tsunami a atteint les villes suivantes ainsi :
Oohunato : 15h15
Iŝinomaki : 15h20
Mijako : 15h21
Kamaiŝi : 15h21
Selon les calculs les gens avaient environ 30 minutes pour fuir, mais dans les faits le séisme ne s’est pas tout de suite arrêté. Les secousses ont duré 10 minutes, et donc il ne restait plus que 20 minutes aux habitants.
Même s’ils n’étaient pas bloqués dans leur maison détruite par le séisme, ils n’ont pas pu s’enfuir de suite, car beaucoup d’entre eux avaient des membres de leur famille faibles. Une vingtaine de minutes est un temps trop court pour les accompagner dans la fuite. Beaucoup ont trouvé refuge dans les mairies de 3 ou 4 étages. D’après les connaissances antérieures les gens pouvaient être en sécurité, mais l’importance du tsunami a dépassé toutes les prévisions. Il a détruit même la mairie en béton de 3 étages. Selon les études ce tsunami a remonté sur 50 kilomètres la rivière Kitagami. Par manque de temps pour fuir et à cause du caractère exceptionnel du tsunami beaucoup n’ont pas réussi à échapper aux flots dévastateurs.
À la télévision on avait recommandé les 4 choses suivantes en cas d’attaque de tsunami :
1. Protéger sa vie
2. Se réfugier plus vers les hauteurs qu’au loin
3. Ne pas utiliser sa voiture
4. Renoncer à ses biens
Pourtant, comme je l’ai déjà expliqué, la première recommandation est la plus difficile à suivre. Si on s’enfuit et survit, en ayant abandonné sa famille, cela marque les gens pour toute la vie d’un sentiment de culpabilité. La seule solution sera qu’on construise la ville non pas sur la côte mais sur les collines. Mais dans beaucoup de districts de bord de mer, il n’y a pas assez de terrain pour tous les habitants. Est-ce qu’on devra à nouveau construire des maisons dans les endroits dangereux ? Est-ce que les hommes doivent accepter la souffrance comme étant leur destin ?


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