Centre Culturel Angevin d'Espéranto / Anĝeva Esperanto-Asocio

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Le 25 mars

(traduit par Manjo Clopeau, transmis par Simone Armand)


Le 25 Mars

Encore aujourd’hui il a fait très froid. Dans la région endommagée il va neiger demain sans pitié.

Bonne nouvelle : Aucune.

Mauvaises nouvelles : 1. le nombre des morts a dépassé dix mille, et on suppose que les disparus seront plus nombreux. 2. Hier trois travailleurs dans la centrale n° 3 ont été sérieusement exposés à la radioactivité. On a mesuré l’intensité de la radioactivité dans l’eau où ils étaient, et on l’a trouvée 10 mille fois plus forte que la norme. Le gouvernement a rendu publique qu’il était possible que cette radioactivité provienne du réacteur lui-même. 3. Aujourd’hui le gouvernement a recommandé que les habitants dans un rayon entre 20 et 30 kilomètres trouvent eux-mêmes des refuges. Jusqu’à présent il a recommandé que les habitants dans cette zone restent de préférence chez eux, mais cette instruction a empêché l’arrivée dans la zone des marchandises de tous les jours, car les gens de l’extérieur ont eu peur d’y entrer. Le gouvernement prévoit l’extension du danger et prend des mesures anticipées. Dans cette zone il y a plus de 10 mille habitants.

De bonnes paroles : Un médecin de cette zone, qui s’était déjà réfugié, est revenu dans la ville et a recommencé à soigner. Il dit : "Après une longue réflexion j’étais arrivé à la conclusion que c’est de mon devoir d’aider des gens avec qui j’ai vécu jusqu’à présent. Je ne partirai jamais plus me réfugier".

Une expérience vécue d’une de mes connaissances : Un policier de la Préfecture Hjoogo dans l’ouest du Japon, que je connais, m’a écrit son expérience ainsi : "J’ai été mobilisé sans préparation pour aller vers la région endommagée tout de suite après le tremblement de terre et je me suis occupé de l’information pendant 3 jours. Il faisait tellement froid là-bas que les vêtements chauds préparés n’étaient d’aucune utilité. Des policiers qui avaient des lentilles de contact avaient des difficultés à cause du manque d’eau propre. Nous avons mangé froid dans des boites de conserve, et cependant, en pensant que c’était mieux que rien, nous avons travaillé de toutes nos forces. J’ai vécu une grande différence de climat entre l’est et l’ouest. D’après ce que j’entends, on a choisi comme premiers mobilisés les policiers qui ont fait l’expérience de la catastrophe de Koobe en 1995.

Mes tankas : (NdT : sur les tankas japonais voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanka
- la traduction française donnée ici n’en respecte pas les règles mais donne une idée de l’esprit voulu par l’auteur -)

Aujourd’hui dans le journal Asahi et aussi à la télévision on a parlé de l’école élémentaire Ookaùa dans la ville Ishinomaki. Dans cette école 77 des 108 élèves et 10 des 11 instituteurs sont morts. Le directeur de l’école était en vacances, donc a survécu.

Deux tiers de toute la population de l’école ont subitement disparu à l’école Ookaùa, (dans) la Ville Ishinomaki.

C’est subitement qu’a attaqué une école signalée comme sûre le gigantesque tsunami (à) l’heure du retour à la maison.

Le directeur d’école (qui)était au loin à ce moment car en vacances, rassemble des restes dans son « fichu destin »

Des restes par diverses couleurs montrent les mines enjouées des élèves ici décédés très jeunes

Des élèves ont peint un visage d’instituteur, ce sont des feuilles d’album que des vents feuillettent, les uns et l’autre étant disparus

Ce sont des choses laissées derrière eux par leurs fils et filles chéris que des parents cherchent en silence et sans mot avec des larmes épuisées.

Des pères et mères tiennent dans leur main un sac à dos d’écolier après l’autre, est-ce qu’il n’y a pas des noms des enfants ?

Au loin se fait voir déjà n’existant plus une aimée petite ville de l’autre côté de la cour d’école dans une faible lumière de soleil.

M. HORI Yasuo

- Espéranto-Angers -