Centre Culturel Angevin d'Espéranto / Anĝeva Esperanto-Asocio

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Le 8 avril

(source de cette traduction : site de Esperanto-Provence, où l’on retrouve aussi le texte en espéranto. Renée Triolle, qui a réalisé la traduction, indique qu’il s’agit d’une traduction "rapide".)


Voici le rapport quotidien . Aujourd’hui, le 8 avril, je vais au Centre Espéranto où je passerai la nuit c’est pourquoi j’envoie ce message plus tôt.

Chance, hasard, à peine, J’ai survécu à cette vie risquée Que je suis heureux !

Cette nuit à 23.32 fort tremblement de terre dans la mer dans la région de Miyagi ? Il était de magnitude 7,4. Quatre-vingt dix personnes ont été blessées et dans de nombreuses villes il y a eu des coupures d’électricité. J’habite à 400km de l’épicentre mais j’ai été terrifié par la force de ce tremblement. Rien de sérieux dans les centrales nucléaires

Diverses mauvaises influences

Cette catastrophe a une grande influence dans différents domaines.

1- Je ne pourrai pas boire de bière cet été. C’est dans la région de Toohoku que se trouvent trois grandes brasseries. Toutes ont été fortement endommagées et ne pourront pas livrer suffisamment de bière cet été. De même la fabrique de canettes a subi des dégâts et sans canettes, on ne peut pas vendre de bière.

2- Mon ami devait éditer un livre mais la maison d’édition a pris du retard par manque de papier et d’encre. C’est un problème national. Fin mars, 234 journaux avaient retardé la date de parution et 16 se sont résolus à ne pas paraitre.

3- Les cultivateurs ont des difficultés car ils ont perdu leurs ouvriers agricoles chinois. Ils avaient des Chinois comme étudiants en agriculture, mais suite à l’accident des centrales nucléaires, beaucoup sont rentrés en Chine . Sans main d’oeuvre, les légumes se fanent.

4- Asakusa près de Tokyo est un grand centre touristiques. Avant le tremblement de terre la moitié des touristes étaient étrangers, surtout des Chinois mais les étrangers ont disparu des rues.

Comment les Japonais aident-ils les réfugiés ?

Les aides sur place :

Nombreuses sont les personnes qui veulent aller dans les villes et villages sinistrés pour apporter leur aide mais ce n’est autorisé qu’aux habitants des régions concernées car ils ont les moyens de se prendre en charge. Si on acceptait les non-résidents, il faudrait prévoir le transport, le gite, le couvert etc et pour cela, il manque encore des volontaires .

Dans les journaux et à la télé, je vois des scolaires et des étudiants travailler dans les centres de réfugiés. Ceci me redonne espoir car jusqu’à présent je ne leur faisais pas confiance à cause de leur petite vie chouchoutée, oisive ou indécente.

Aide matérielle

De nombreuses associations collectent des dons matériels. Avant-hier, j’ai reçu un message de la Coopérative Médicale qui collectent des objets de première nécessité pour la région de Toohoku. Cette organisation ne collecte que des sous-vêtements neufs, des couvertures en laine propres, des vêtements chauds et du papier toilette. Ma femme a pris une dizaine de rouleaux de papier toilette dans notre armoire avec honte . Je suis allé chez ma mère et j’ai trouvé 7 couvertures. Ce matin j’ai fait un beau paquet que j’ai confié au responsable.

Pour les réfugiés.

Le journal Asahi a publié l’article suivant :

A Talasahi dans la région de Gunma 40 personnes sont venues de la région d’Hukushima avec leurs familles, sans rien emporter. Avant de venir à Takasaki, ils sont allés d’abord à Minami-Sooma dans la région d’Hukushima, puis Higashi-Agacuma dans la région de Gunma et enfin ici . Ils se sont installés dans des maisons préparées par le gouvernement. mais dans les maisons il n’y a ni rideaux, ni lampes, ni lave-linge, ni téléviseur. Monsieur Kanoo, chef du district a lancé un appel aux habitants . Tout de suite sont arrivés couvertures en laine, riz, pétrole, cartables, sous-vêtements, savon etc. Les responsables de la région vont enquêter auprès des réfugiés pour connaitre leurs besoins.

Une action unique au crédit des élèves

Que peuvent faire les enfants ? Monsieur Matchida Tomoo, professeur à l’école primaire de Yokohama, a créé un site " Prions pour le Japon" (http://prayforjapan.tomosen.net/) où il propose de recuillir des dessins d’encouragement. De divers endroits sont parvenus des réponses et des dessins. Vous pouvez les consulter sur ce site. Les enfants ont pensé à la catastrophe et aux souffrances comme s’ils étaient eux-même concernés et leurs camarades ont été réconfortés.

Les artistes apportent leur aide

Moi aussi, j’ai fait quelque chose du même genre. Je suis bon ( d’après moi) en calligraphie, comme vous pouvez en juger . J’ai calligraphié des paroles d’encouragement à l’encre et au pinceau et j’ai affiché ces "oeuvres d’art" à la poste voisine. Elles ont beaucoup plu, aussi hier, j’ai calligraphié pour de nombreuses personnes. Certains les ont affiché chez eux pour se donner du courage, les autres les ont expédiées à leurs amis dans la souffrance. Hier j’ai encore fait des calligraphies pour les glisser dans les couvertures qu’on donne. Des chanteurs chantent, des musiciens jouent, des écrivains lisent sur place ou à la télévision. Je n’ai pas entendu parler de peintres ou de calligraphes mais qu’eux aussi peignent ou calligraphient pour les victimes. Qu’on fasse ce qu’on peut faire. Tous les Japonais veulent venir en aide à ceux qui sont dans la souffrance avec le mot " Ganbare" ( espérez et faites des efforts)

Le mot "Espoir" est actuellement le mot le plus important pour les Japonais .

HORI Jasuo (s-ro)

- Espéranto-Angers -