Centre Culturel Angevin d'Espéranto / Anĝeva Esperanto-Asocio

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Le 18 avril

(rapide traduction révisée par Simone Armand ; le texte en espéranto, avec photo et graphique, se trouve sur le site de SAT : ici)


Le 18 avril,

L’un après l’autre les habitants abandonnent leur cher foyer.

Quadruples souffrances.
Des habitants de et dans Hukushima souffrent du tremblement de terre, du tsunami et de l’accident des centrales nucléaires, et en plus des rumeurs discriminatoires à cause de la radio-activité.
À Hukushima il est formellement interdit d’expédier des légumes à feuilles sur le marché et partiellement le lait à cause de la radio-activité, mais également d’autres productions agricoles autorisées sont refusées ou non bienvenues. Les pêcheurs aussi à Hukushima et dans la province voisine Chiba doivent vendre leurs prises avec un gros rabais.
La ville de Kaùasaki dans la province Kanagaùa a déclaré que la ville doit accepter les déchets de Hukushima, mais la ville a reçu 4000 lettres et fax négatifs se plaignant que la ville sera polluée par la radio-activité de Hukushima.
On raconte qu’il y avait des enfants de Hukushima jouant dans un parc, et que d’autres les ont évités du fait de leur origine. Un enfant, qui est maintenant dans un autre jardin d’enfants dans une autre province, est appelé "Radnjo !" (enfant de la radio-activité). Tous les Japonais ne sont pas décents et nobles. Nombreux sont égoïstes et même méprisables. (le journal Asahi, le 16 avril)

Compensation financière provisoire
Le gouvernement a décidé d’une compensation financière provisoire à 48000 familles évacuées dans 12 villes dans un rayon de 30 kilomètres autour des centrales nucléaires et a demandé à la compagnie électrique Tokyo de payer rapidement.
Pour une famille : 1 million de yens (10000 euros).
Pour une famille avec une seule personne : 750 000 yens.
Beaucoup de personnes se plaignent de la maigreur de la somme. Le gouvernement n’a pas encore décidé d’une compensation financière aux cultivateurs et pêcheurs qui souffrent de la mauvaise renommée des noms de provinces à résonance "radio-active".

Dommages de l’accident nucléaire
Pertes (100 yens = 1 euro)
Légumes et lait interdits
- 84 000 cultivateurs, 67,1 milliards de yens par an.
Pêche à Hukushima, Ibaraki et Chiba
- 59,7 milliards de yens par an.
Riziculture dans un rayon de 30 kilomètres
- 15 000 agriculteurs, 16 000 hectares.
Bovins dans un rayon de 30 kilomètres
- 600 éleveurs, 14 000 bovins morts.
Entrepreneurs du bâtiment dans 12 villes dans un rayon de 30 kilomètres
- 1382 entreprises, 10 milliards de yens.
Hôtels dans l’est du Japon
- 390 000 réservations.
Alcools dans un rayon de 30 kilomètres
- 1610 points de ventes, 62 000 kilolitres
(le 15 avril, rapport du gouvernement)

70% des compagnies ont souffert de la catastrophe.
Dans la province Gunma à 300 kilomètres de Hukushima, une banque dans la ville de Takasaki a publié le résultat d’une enquête auprès de 100 compagnies sur les conséquences de la catastrophe.

Dommages de la catastrophe :
- 16% : dommages directs du tremblement de terre à une construction ou instruments de bureau.
- 70% : diminution des commandes, manque de production et matériels et annulations d’évènements


Difficultés futures (possibilité d’en choisir plusieurs) :

56% : manque d’électricité,
50% : diminution de la consommation,
30% : rupture des moyens de transports,
12% : accident nucléaire

Pronostics sur le profit à venir :
71% : diminution.
23% : stable.
4% : augmentation.
(le journal Asahi, le 16 avril)

Reconnaissance de Mme Itoo Ai (80 ans, habitant dans un refuge dans la ville de Mijako) : Je remercie et remercie, aidée par des personnes au bon coeur du monde entier. J’habite maintenant dans un refuge et je n’espère pas davantage. En voyant des pays s’entraider, je sens que le monde est un. Je dois faire des efforts et pour moi-même et pour d’autres personnes.

Des encouragements réciproques entre des personnes qui souffrent et Mme Sakamoto Kikuko (75 ans, habitant à Tokyo).
Après la catastrophe, j’ai commencé à envoyer des choses nécessaires aux personnes qui souffrent, mais mieux, j’ai voulu les aider. J’ai lu dans des journaux des témoignages de personnes qui souffrent et j’ai commencé à envoyer des choses utiles pour ces personnes. Par exemple, j’ai envoyé des chaussettes, des sacs, etc. avec mes salutations à Takino, un collégien. Je n’attendais pas du tout de réponse mais il m’est déjà venu 15 lettres. Takino a écrit ceci : "Merci pour vos cadeaux chaleureux. Je suis touché de votre bon cœur. Je ferai mon possible pour la reconstruction de la ville et pour que se réalise mon rêve de devenir policier". Une femme, qui a perdu sa mère et son mari, a écrit : "Tous sont désespérés mais même dans cette situation, tous collaborent pour subvenir à leurs besoins. Je me relèverai certainement". Mme Sakamoto souffre de pneumonie depuis 3 ans et pensait toujours à sa mort, mais maintenant elle est sauvée par leurs lettres.

Des mots empreints de philosophie de Nakamura Humika (11 ans, habitant dans un refuge dans la ville de Mijako)
Je veux avoir la liberté. La liberté et l’inactivité sont différentes. Quand je suis libre, je peux faire ce que je veux. Mais quand je suis inoccupé, je n’ai rien à faire. C’est pourquoi je veux avoir ma maison pour avoir la liberté.

Rires de Itoo Hiroki (16 ans, élève dans un refuge de la ville de Ishinomaki)
J’ai déjà passé un mois dans le refuge. Dans une vie où manquent l’eau, le gaz et l’électricité, je suis heureux quand ils reviennent. Je sens l’importance du fait que j’ai survécu. Au début je n’arrivais pas à m’adapter à cette situation, mais maintenant, je joue souvent avec des enfants pour qu’ils ne soient pas inquiets. Dans la difficulté les rires sont nécessaires.


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